Citations

Quel est le meilleur gouvernement ? Celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes. (Johann Wolfgang von Goethe)

 Ma femme est la dernière illusion que je garde  (M.K 2009)

Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. (Aldous Huxley)

La conscience est toujours en retard sur la réalité objective : le passé, les habitudes et les traditions pèsent de tout leur poids. (Karl Marx)

Le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité. (Karl Marx)

Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises. En la donnant, on la retire. (Jean Jaurès)

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux (Étienne de la Boétie)

Le véritable remède contre le chômage est qu’il n’y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société. (Albert Jacquard)

Lorsque dans un pays on a plus intérêt à faire sa cour que son devoir, ne vous étonnez pas qu’il sombre. (Montesquieu)

vendredi 09 octobre 2009 15:47 , dans Culture


Israël et le rapport Goldstone, par Uri Avnery

Israël a vivement réagi à la publication du rapport de l’ONU sur la guerre de Gaza. Mais loin de porter sur les faits incriminés, le débat se focalise sur le bien fondé de la décision qu’avait prise le gouvernement de boycotter les travaux de la commission d’enquête. Face aux accusations, « la réaction instinctive dans une telle situation est la négation. Ce n’est tout simplement pas vrai. Cela ne s’est jamais produit. C’est un ramassis de mensonges, » paraphrase Avnery, qui voit là une nouvelle manifestation d’une passion nationale consistant à se focaliser sur un détail pour ignorer les questions dérangeantes, même si c’est au détriment de l’intérêt du pays.

Uri Avnery, Gush Shalom, 19 septembre 2009

Un débat approfondi a lieu à l’heure actuelle sur le rapport Goldstone. Non pas sur son contenu, Dieu merci. Qu’y a-t-il là-dedans à discuter ? Mais sur le seul point qui soit réellement important : notre gouvernement a-t-il eu raison en décidant de boycotter la commission ? Peut-être aurait-il mieux valu participer aux délibérations ? Notre Ministère des Affaires Étrangères a-t-il agi de façon aussi idiote que d’habitude ? (Notre ministère de la Défense, naturellement, ne se comporte jamais de façon idiote.) Des milliers de paroles sur cette question fondamentale pour le monde entier se sont répandus dans les journaux, à la radio et à la télévision, avec l’intervention de tous les commentateurs qui se respectent.

N’Y A-T-IL aucune limite aux manœuvres de ces ignobles antisémites ?

Cette fois ils ont décidé de calomnier les Juifs avec une nouvelle accusation de meurtres. Non pas la vieille accusation d’assassiner des enfants chrétiens et d’utiliser leur sang pour préparer le matzoth de la Pâque, comme dans le passé, mais celle de l’assassinat massif de femmes et d’enfants à Gaza.

Et qui ont-ils placé à la tête de la commission chargée de ce travail ? Ni un Britannique négateur de l’Holocauste, ni un Néo-nazi allemand, pas même un fanatique iranien, mais, entre toutes les personnes possibles, un juge juif qui porte le nom vraiment juif de Goldstone (Goldstein à l’origine, naturellement). Et pas simplement un Juif qui porte un nom juif, mais un sioniste, dont la fille, Nicole, est une sioniste enthousiaste qui a fait son “aliyah” et qui parle couramment l’Hébreu. Et pas simplement un sioniste juif, mais un Sud Africain qui s’opposa à l’apartheid et qui fut nommé à la Cour Constitutionnelle du pays lorsque ce système fut aboli.

Et cela pour diffamer l’armée la plus morale du monde, venant à peine de mener la guerre la plus juste de l’histoire !

Richard Goldstone n’est pas le seul Juif manipulé par la conspiration antisémite mondiale. Tout au long des trois semaines de la guerre de Gaza, plus de 10.000 Israéliens ont manifesté contre elle encore et encore. Ils furent photographiés portant des pancartes affichant “Arrêtez le massacre à Gaza”, “Halte aux crimes de guerre”, “Israël commet des crimes de guerre”, “Le bombardement de civils est un crime de guerre”. Ils chantaient ensemble : “Olmert, Olmert, c’est vrai - Ils t’attendent à La Haye !”

Qui aurait cru qu’il y avait autant d’antisémites en Israël !

LA RÉACTION OFFICIELLE d’Israël au rapport Goldstone aurait été amusante, si l’affaire n’avait été aussi grave.

À l’exception des “habituels suspects” (Gidéon Lévi, Amira Hass et leurs semblables), la condamnation du rapport fut unanime, totale et extrême, de Shimon Peres, cet avocat de chaque abomination jusqu’au dernier scribouillard de la presse.

Personne, mais vraiment personne, n’a traité le sujet lui-même. Personne n’a examiné le détail des conclusions. Avec une telle diffamation antisémite, il n’en est nullement besoin. En réalité, il n’est nullement nécessaire de lire le rapport.

L’opinion publique, dans toute sa diversité, s’est levée comme un seul homme pour s’opposer au complot, comme il a appris à le faire au cours d’un millénaire de pogroms, face à l’inquisition espagnole et à l’Holocauste. Une mentalité d’assiégé, la mentalité du ghetto.

La réaction instinctive dans une telle situation est la négation. Ce n’est tout simplement pas vrai. Cela ne s’est jamais produit. C’est un ramassis de mensonges.

En soi, c’est une réaction naturelle. Quand un être humain doit affronter une situation qu’il est incapable de gérer, la négation est le premier refuge. Si les choses ne se sont pas produites, il n’est nullement besoin d’y faire face. Fondamentalement, il n’y a aucune différence entre les négateurs du génocide arménien, les négateurs de l’anéantissement des Indiens d’Amérique et les négateurs des atrocités de toutes les guerres.

De ce point de vue, on peut dire que la négation est presque “normale”. Mais avec nous elle a évolué vers une forme d’art.

NOUS AVONS une méthode particulière : lorsque survient quelque chose que nous n’avons pas envie d’affronter, nous dirigeons les projecteurs sur un détail précis, quelque chose de complètement marginal, et nous commençons à mettre l’accent sur ce détail, à en discuter, à l’examiner sous tous les angles comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort.

Prenez la guerre du Kippour. Elle a éclaté parce que pendant six années, à partir de la guerre de 1967, Israël avait navigué comme une Nef des Fous, intoxiqué par des chants de victoire, des albums de victoire et la croyance en l’invincibilité de l’armée israélienne. Golda Meir traita le monde arabe avec un franc mépris et rejeta les ouvertures de paix de Sadate. Résultat : plus de 2000 jeunes Israéliens tués, et qui sait combien d’Égyptiens et de Syriens.

Et de quoi discutait-on avec passion ? De l’“Omission”. “Pourquoi n’avait-on pas rappelé les réservistes à temps ? Pourquoi n’avait-on pas mis en mouvement les chars à l’avance ?” Ménahem Begin tonna à la Knesset, quantité de livres et d’articles furent écrits sur la question et une super commission d’enquête judiciaire délibéra.

La première guerre du Liban fut une faute politique et un échec militaire. Elle a duré 18 ans, a donné naissance au Hezbollah et en a fait une force régionale. Et de quoi discutait-on ? De savoir si Ariel Sharon avait trompé Begin et s’il était responsable de sa maladie et finalement de sa mort.

La seconde guerre du Liban fut une honte de bout en bout, une guerre inutile qui causa des destructions massives, des massacres en masse et la fuite de centaines de milliers de civils innocents de leurs maisons, sans aboutir à une victoire israélienne. Et quel était l’objet de nos discussions ? Dans quel but fut constituée une commission d’enquête ? Pour examiner la façon dont fut prise la décision de déclencher la guerre. Y avait-il eu un processus de prise de décision approprié ? Y avait-il eu un travail d’état-major correct ?

À propos de la guerre de Gaza, il n’y a pas eu de discussion du tout, parce que tout fut parfaitement réalisé. Une campagne brillante. Une direction politique et militaire merveilleuse. C’est vrai, nous n’avons pas convaincu la population de la Bande de Gaza de renverser ses dirigeants ; c’est vrai, nous n’avons pas réussi à libérer le soldat capturé Gilat Shalit ; c’est vrai, le monde entier nous a condamné - mais nous avons tué une quantité d’Arabes, nous avons détruit leur environnement et nous leur avons donné une leçon qu’ils n’oublieront pas.

Maintenant un profond débat se déroule sur le rapport Goldstone. Non pas sur son contenu, Dieu merci. Qu’y a-t-il là-dedans à discuter ? Mais sur le seul point qui soit réellement important : notre gouvernement a-t-il eu raison en décidant de boycotter la commission ? Peut-être aurait-il mieux valu participer aux délibérations ? Notre Ministère des Affaires Étrangères a-t-il agi de façon aussi idiote que d’habitude ? (Notre ministère de la Défense, naturellement, ne se comporte jamais de façon idiote.) Des milliers de paroles sur cette question fondamentale pour le monde entier se sont répandus dans les journaux, à la radio et à la télévision, avec l’intervention de tous les commentateurs qui se respectent.

POURQUOI DONC le gouvernement israélien a-t-il boycotté la commission ? La véritable réponse est tout à fait simple : il savait très bien que la commission, n’importe quelle commission, devrait aboutir aux conclusions auxquelles elle a abouti.

En fait, la commission n’a rien dit de nouveau. Presque tous les faits étaient déjà connus : le bombardement de quartiers civils, l’utilisation d’obus à dispersion de fléchettes et de phosphore blanc contre des cibles civiles, le bombardement de mosquées et d’écoles, l’empêchement des équipes de secours de se porter vers les blessés, le meurtre de civils en fuite portant des drapeaux blancs, l’utilisation de boucliers humains, et plus encore. L’armée israélienne n’a pas autorisé la présence de journalistes sur le terrain, mais la guerre était abondamment couverte dans tous ses détails par les médias internationaux, le monde entier y assista en temps réel sur ses écrans de télévision. Les témoignages sont tellement nombreux et cohérents que toute personne douée de raison peut en tirer ses propres conclusions.

Si les officiers et les soldats de l’armée israélienne avaient témoigné devant la commission, elle aurait peut-être été impressionnée aussi par leur point de vue - la peur, la confusion, le défaut de directives - et les conclusions se seraient peut-être révélées moins sévères. Mais l’orientation principale n’en aurait pas été changée. Après tout, toute l’opération était fondée sur la supposition qu’il était possible de renverser le gouvernement du Hamas à Gaza en causant des souffrances intolérables à la population civile. Les dommages aux civils ne furent pas “collatéraux”, qu’ils aient été évitables ou inévitables, mais représentaient un élément central de l’opération elle-même.

En outre, les règles d’engagement étaient conçues pour obtenir “zéro perte” parmi nos forces - éviter les pertes à tout prix. C’est la conclusion que notre armée - dirigée par Gabi Ashkenazi - a tiré de la seconde guerre du Liban. Les résultats parlent d’eux-mêmes ; 200 Palestiniens morts pour chaque soldat israélien tué par l’adversaire - 1400 contre 6.

Toute enquête véritable doit inévitablement conduire aux mêmes conclusions que celle de la commission Goldstone. C’est pourquoi, il n’y avait du côté israélien aucune envie d’une véritable enquête. Les “investigations” qui ont eu lieu étaient une farce. La personne responsable, l’Avocat Général Militaire, le brigadier portant kippa Avichai Mendelblit, était chargé de cette tâche. Il a été promu cette semaine au grade de major général. La promotion et le moment choisi veulent tout dire.

AINSI IL est clair qu’il n’y a aucune chance pour que le gouvernement israélien ouvre tardivement une véritable enquête, comme le demandent les militants de la paix israéliens.

Pour être crédible, une telle enquête devrait avoir le statut de Commission d’Enquête d’État telle que définie par le droit israélien, dirigée par un juge de la Cour Suprême. Elle devrait mener ses enquêtes de façon publique, à la vue des médias israéliens et internationaux. Elle devrait inviter les victimes, des habitants de Gaza, pour témoigner aux côtés des soldats qui ont pris part à la guerre. Elle devrait enquêter en détail sur chacune des accusations que l’on trouve dans le rapport Goldstone. Elle devrait vérifier les ordres donnés et les décisions prises, depuis le chef d’état-major jusqu’au niveau des troupes. Elle devrait étudier les briefings des pilotes de l’armée de l’air et des opérateurs de drones.

Cette liste suffit à montrer clairement pourquoi une telle enquête n’aura pas lieu et ne peut pas avoir lieu. Au lieu de cela, la machine de propagande mondiale israélienne va continuer à diffamer le juge juif et les gens qui l’ont missionné.

Toutes les accusations israéliennes contre les Nations Unies ne sont pas sans fondement. Par exemple : pourquoi l’organisation enquête-t-elle sur les crimes de guerre à Gaza (et dans l’ancienne Yougoslavie et au Darfour, enquêtes auxquelles Goldstone a participé comme procureur général) et pas sur les actions des États-Unis en Irak et en Afghanistan ou celles des Russes en Tchétchénie ?

Mais le principal argument du gouvernement israélien est que les Nations Unies sont une organisation antisémite et que sa Commission des Droits de l’Homme est doublement antisémite

LES RELATIONS D’ISRAËL avec les Nations Unies sont très complexes. L’État a été fondé sur la base d’une résolution des Nations Unies, et il n’aurait sans doute pas pris naissance précisément à ce moment-là et dans ces circonstances s’il n’y avait pas eu une telle résolution. Notre Déclaration d’Indépendance s’appuie largement sur cette résolution. Un an plus tard, Israël était admis comme membre des Nations Unies malgré le fait qu’il n’avait pas autorisé les 750.000 (à l’époque) réfugiés palestiniens à revenir chez eux.

Mais cette lune de miel a rapidement tourné au vinaigre. David Ben-Gourion parlait avec mépris de UM-Shmum (“UM” est le sigle hébreu pour “Nations Unies”, le préfixe “shm” signifie mépris). Depuis lors jusqu’à aujourd’hui même, Israël a systématiquement violé presque chacune des résolutions qui le concernait, se plaignant qu’il y avait une “majorité automatique” de pays arabes et communistes ligués contre lui. Cette attitude a été renforcée lorsque, à la veille de la guerre de 1967, les troupes des Nations Unies dans le Sinaï furent retirées précipitamment à la demande de Gamal Abd-el Nasser. Elle le fut aussi par la résolution des Nations Unies (annulée ensuite) assimilant le sionisme au racisme.

Maintenant cet argument reprend de nouveau de la vigueur. Les Nations Unies, à ce que l’on dit, sont anti-israéliennes, ce qui veut dire (évidemment) antisémites. Toute personne qui agit au nom des Nations Unies est quelqu’un qui a la haine d’Israël. Au diable les Nations Unies. Au diable le rapport Goldstone.

C’est là, cependant, une politique tristement à courte-vue. L’opinion publique à travers le monde entend parler du rapport et se souvient des images vues sur les écrans de télévision pendant la guerre de Gaza. Les Nations Unies jouissent de beaucoup de respect. À la suite de l’opération “plomb durci”, la réputation d’Israël dans le monde s’est durablement dégradée, et ce rapport va la dégrader encore davantage. Cela aura des conséquences pratiques - politiques, militaires, économiques et culturelles. Il n’y a qu’un idiot - ou un Avigdor Lieberman - qui puisse ignorer cela.

À défaut d’enquête israélienne crédible, il y aura des exigences pour que le Conseil de Sécurité des Nations Unies porte la question devant la Cour Pénale Internationale de La Haye. Barack Obama aurait alors à décider s’il doit opposer son véto à une telle résolution - un geste qui causerait un grave dommage aux États-Unis, et pour lequel il exigerait d’Israël un prix élevé.


Publication originale Gush Shalom, traduction FLPHL pour AFPS

source (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2797)

vendredi 25 septembre 2009 17:25 , dans L'actu


Climat : pour notre génération, l’heure du choix est arrivée, par Johann Hari

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Risquer l’effondrement de la civilisation sous les coups de boutoir du changement climatique ou s’engager résolument et sans plus attendre dans la tâche herculéenne mais enthousiasmante de la conversion aux énergies nouvelles, voila l’alternative à laquelle notre génération doit faire face, écrit Johann Hari. Entrerons-nous dans l’histoire au titre des pires représentants de l’espèce humaine, ceux qui savaient, avaient les moyens et les connaissances requises pour agir, mais se seront contentés d’assister, impuissants et résignés, à la catastrophe annoncée ? Ou bien saurons nous mobiliser les énergies nécessaires au sursaut ?

Par Johann Hari, The Independent, 23 septembre 2009

Nous sommes en ce moment à la fois tellement proches et cependant désespérément éloignés de pouvoir guérir cette fièvre dont souffre la terre. Les dirigeants du monde, rassemblés hier à New York pour discuter du réchauffement de la planète provoqué par l’homme, sont réunis dans un bâtiment des Nations Unies qui aura bientôt les pieds dans l’eau s’ils échouent. Ils savent tous ce qui va arriver : les scientifiques le leur ont dit clairement et de façon insistante.

Avec un réchauffement climatique atteignant jusqu’à 2,4°C, toutes sortes de choses terribles vont se produire - par exemple, des États iliens du Pacifique Sud seront submergés. Mais nous pouvons y mettre un terme. Si nous stoppons les émissions de gaz à effet de serre, la température se stabilisera. Mais si nous dépassons les 2,4°C, le réchauffement s’emballera, et nous n’aurons plus de bouton « Stop ». La forêt amazonienne va se dessécher et brûler, libérant ainsi tout le carbone stocké dans les arbres. Les énormes quantités de gaz à effet de serre emprisonnés en Arctique seront vomies dans l’atmosphère, et les 3°C se transformeront inéluctablement en 4°C, puis 5°C, et la planète deviendra rapidement un lieu que nous ne reconnaitrons plus.

Pour rester du bon côté de ce point de non retour climatique, les émissions mondiales doivent commencer à diminuer en 2015 - dans à peine six ans - et avoir baissé de 85% en 2050. Nos dirigeants doivent se mettre d’accord lors des pourparlers sur le climat qui auront lieu à Copenhague en décembre. Le débat scientifique est terminé. Les réponses sont connues. De fait, chacun des dirigeants rassemblés à New York pouvait hier ressentir de quoi serait fait cette solution : elle réside dans l’incroyable puissance du soleil.

Chaque jour, le soleil bombarde notre planète avec 9 000 fois plus de puissance que nous n’en avons besoin pour faire rouler toutes les voitures, chauffer toutes les maisons, et alimenter tous les appareils électriques sur la terre. Si nous parvenons à capter ne serait-ce qu’une fraction de 1% de celle-ci, nous pourrions nous débarrasser des combustibles fossiles et la fusion nucléaire appartiendrait à l’histoire. La technologie existe. Elle est là, elle nous attend. Le professeur Anthony Patt a calculé que tous les besoins énergétiques de l’Europe pourrait être couverts par la technologie de concentration de l’énergie solaire sur une surface équivalente à 0,3% du désert du Sahara - de la grandeur de la Belgique. Un consortium de sociétés allemandes est impatient de lancer cette opération. Elles ont juste besoin de fonds. Cela en nécessite beaucoup - 50 milliards de dollars - mais ce n’est rien en regard de ce que coûterait la chasse aux dernières gouttes de pétroles dans des zones ravagées par la guerre, ou ce qui serait nécessaire pour nous protéger d’une crise climatique planétaire.

Chaque continent est face au même choix. Les besoins en énergie de l’ensemble des Etats-Unis pourraient être satisfaits en couvrant 200 kilomètres carrés de ses déserts inhabités avec des installations solaires : le coût serait équivalent à environ 10 ans de facture pétrolière, et permettrait d’éviter les guerres, les tyrannies, ou la montée de l’islamisme. La Chine et l’Inde disposent de solutions similaires. Il est possible d’atteindre ce but, en déployant des efforts aussi grands que ceux qui nous avons accomplis pour vaincre le nazisme. Nous pourrions nous aussi être une grande génération - celle qui allait à sa perte, avant de se rassembler en un grand effort collectif afin de changer de cap. Nous laisserions alors derrière nous une civilisation verte, devenue plus légère, et qui pourra durer des millénaires.

Au lieu de quoi, nos dirigeants continuent de bricoler avec les vieilles technologies sales, trop enfermés et emplis de confusions pour inventer une issue par le haut. En Grande-Bretagne, nous retournons aujourd’hui au charbon, avec une exploitation minière en augmentation de 15% par rapport à l’an dernier. Le professeur Jim Hansen de la Nasa, qui est l’un des climatologues les plus réputés au monde, nomme les centrales au charbon des « usines de mort » qui condamnent des millions d’hommes à la noyade ou à la faim. Toute l’Europe laisse le secteur de l’énergie solaire dépérir : la plus grande entreprise allemande d’énergie solaire, Q-Cells, a vu le cours de son action passer 100 à 10 euros en une année. L’autre leader sur ce marché, l’Espagne, a connu un repli tout aussi désastreux.

La Banque mondiale, qui reçoit 400 millions de livres payés par vos impôts chaque année, assure la promotion de ce futur plein de suie dans le monde entier. Elle vient d’accorder 5 milliards de dollars d’aide aux pays pauvres pour construire les centrales qui provoqueront leur perte. Elle a même financé la principale source d’émissions de gaz à effet de serre sur terre - une centrale au charbon dans l’Etat du Gujarat, à l’ouest de l’Inde.

Comment peut-on décemment défendre une telle position ? Les gouvernements américain et européens ont développé ensemble le fantasme que le charbon pourrait être rendu « propre » en « épurant » le carbone émis par les cheminées, puis en le stockant définitivement quelque part. Dans le monde réel, l’une des plus grandes usines pilotes de « charbon propre » en activité est la centrale électrique d’Hazelwood, située dans la vallée de Latrobe. Les captures représentent seulement 0,05% de ses émissions de carbone. Le professeur Howard Herzog, expert de renom pour cette technologie, a été récemment interrogé sur ce qu’étaient les chances qu’elle permette d’obtenir les réductions dont nous avons besoin. Sa réponse a été : « Zéro ».

Un petit nombre de gens gagnent beaucoup d’argent avec le charbon, le pétrole et le gaz. Une réorientation vers l’énergie fournie par le soleil, le vent et les vagues réduirait à rien les fortunes qu’ils ont dépensé - de sorte qu’ils sont prêts à payer des hommes politiques pour maintenir un système qui est en leur faveur, et à financer somptueusement à coup de milliards des campagnes de désinformation destinées à entretenir la confusion.

C’est aux États-Unis que l’on peut observer le plus nettement ce processus. Barack Obama est un homme extrêmement intelligent, qui a nommé comme conseillers certains parmi les meilleurs scientifiques au monde, chargés de lui expliquer ce va se passer. Mais il est piégé par un système politique plongé dans le pétrole jusqu’au cou. La Chambre des représentants, remplie d’élus serviles, a adopté un projet de loi nommé « Cap and Trade » [1] terriblement inadéquat, qui - si il fonctionnait parfaitement - permettrait de réduire les émissions de six pour cent en dessous des niveaux de 1990. Mais cela n’arrivera pas : pour de nombreuses sociétés pétrolières, les permis d’émissions qu’elles étaient censées acheter, leurs seront désormais donné gratuitement, et ne produiront aucune réduction des émissions. Et il n’est même assuré que ce projet de loi minimaliste soit adopté par le Congrès.

Dans le même temps, la Chine a indiqué qu’elle serait d’accord pour que soient décidées des mesures de réduction plus substantielles à Copenhague si le monde riche - qui est responsable de 90% de tous les gaz à effet de serre répandus dans l’atmosphère jusqu’à présent - accepte de donner un pour cent de son PIB chaque année aux pays pauvres pour qu’ils puissent s’adapter aux combustibles propres. On peut critiquer la dictature chinoise pour de nombreuses choses, mais pas dans ce cas. C’est une demande de simple justice et qui est raisonnable. Les pays pauvres n’ont que très peu de responsabilité dans cette crise, mais ce sont eux qui en ressentiront les pires effets les premiers. Ils méritent que nous les dédommagions. Cependant, l’Union européenne et les États-Unis ont condamné cette proposition pourtant sensée, la qualifiant de « totalement irréaliste ».

Serions-nous donc, en tant qu’espèce, condamnés à sombrer durant cette rupture historique entre un monde tirant son énergie des combustibles fossiles et un monde énergisé par le soleil ? Est-ce que les fossiles découverts dans quelques millions d’années montreront que nous étions tout simplement trop irrationnels et trop primitifs pour faire ce saut ?

Si nous succombons au désespoir et nous contentons d’attendre d’un air maussade que l’effondrement se produise, il en sera ainsi. Ensuite, nous n’aurons plus d’autre choix que d’essayer de survivre le mieux possible dans un paysage radicalement transformé. Mais il existe encore une étroite fenêtre durant laquelle la raison peut l’emporter - et je crois, peut-être déraisonnablement, que c’est encore possible. Il faudra un mouvement de masse mondial d’une ténacité extraordinaire, exerçant partout des pressions sur les gouvernements et submerge les imbéciles du fossile. On peut encore écrire l’histoire du 21ème siècle, pour passer de l’effondrement promis à une histoire où l’espèce invente une façon de vivre avec son écosystème, plutôt que contre lui.

Cela peut être fait. Cela doit être fait. Le sommet de Copenhague se déroulera dans trois mois. A cette occasion, et dans les années qui vont suivre lorsque l’accord sera mis en œuvre, nous allons apprendre quelque chose de profond sur nous-mêmes. Sommes-nous une grande génération - ou la pire de toutes ?

 

Pourquoi un copier-coller ? D'abord, je n'aurrais pas le talent d'en faire un résumé correct, deuxièmenent ma volonté est de faire connaiître le texte et son auteur quoiqu'il en coûte ! Pour moi l'information est un combat militant, donc a vocation non-rentable. 

source (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2802)

Publication originale The Independent, traduction Contre Info

vendredi 25 septembre 2009 10:32 , dans L'actu


Un vérité commune : Islam, Hindouisme

Critique du développement occidental

Gandhi pouvait admirer les avancées technologiques et le bien être économique que donnait la civilisation occidentale moderne, mais pointait également ses lacunes et les nouveaux risques et besoins qu'elle apportait à l'individu. Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (Leur Civilisation et notre délivrance) où il fait la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu'idéalisée par la Grande-Bretagne et les Occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part correspond à une aggravation des conditions de vie de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu'elle créé de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui ce type de civilisation est sans issue[55] :

« Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira. »

Gandhi avec des ouvrières du textile à Darwen, Lancashire, Angleterre, le 26 septembre 1931.

La mécanisation et la mondialisation des échanges est pour lui un désastre pour l'Inde (les filatures de Manchester avaient fait disparaître l'artisanat indien)[56]. Il prend comme exemple des avancées ressenties de manière globalement positive comme le train, les médecins ou les avocats, qui peuvent être selon lui tout aussi néfastes. Le train parce qu'il peut transporter les maladies aussi rapidement que les passagers et peut entraîner la spéculation et les famines[57]. Les avocats parce qu'ils préfèrent trouver une solution juridique à une solution morale à un conflit, prétendent sans raison aucune à des salaires supérieurs aux travailleurs communs, et renforcent la puissance britannique en Inde[58]. Les médecins parce qu'en accordant des soins ils encouragent la négligence et le manque de prévention individuelle, brisent des tabous religieux et font d'énormes profits avec des médicaments hors de prix[59].

Pour Gandhi la civilisation indienne n'a rien à envier à l'occidentale avec sa course au développement économique. L'accès à la richesse pour tous est pour lui impossible et l'individu doit lui-même contrôler ses besoins, ainsi que l'avaient compris les anciens sages indiens :

« L'esprit est un oiseau sans repos ; le plus il obtient et le plus il désire et n'est jamais satisfait. Plus nous satisfaisons nos passions et plus elles deviennent débridées. Nos ancêtres avaient compris cela et placé une limite à nos indulgences. Ils avaient remarqué que le bonheur était surtout une condition mentale.[60] »

Il pensait que le développement des villes ne saurait permettre la vie autonome et non-violente du peuple indien : seule la consolidation de l'autonomie économique et politique des villages pouvait, à ses yeux, contribuer à l'édification d'une société non-violente. Pour lui, malgré des défauts évidents qu'elle devait corriger, la civilisation indienne avait tendance à élever la moralité, alors que la civilisation occidentale propageait l'immoralité.

lundi 18 mai 2009 15:05 , dans Pistes de réflexions


Grille de lecture de l'actu !

Si on pouvait avoir ces règles à l'esprit lorsque l'on regarde le Journal TV le soir ou quand on lit notre journal le matin, la compréhension des évènements au Proche-Orient en serait sûrement améliorée :

 

Règle n°1 : Au Proche-Orient , ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers et c'est toujours Israël qui se défend. Cela s'appelle donc des représailles.

Règle n°2 : Les Arabes , Palestiniens ou Libanais n'ont pas le droit de tuer des civils de l'autre camp. Car cela s'appelle du terrorisme.

Règle n°3 : Israël a le droit de tuer les civils Arabes. Car cela s'appelle de la légitime défense.

Règle n°4 : Quand Israël tue trop de civils , les puissances occidentales l'appellent à la retenue. Cela s'appelle la réaction de la communauté internationale.

Règle n°5 : Les Palestiniens et les Libanais n'ont pas le droit de capturer des militaires israéliens , même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.

Règle n°6 : Les israéliens ont le droit d'enlever autant de palestiniens qu'ils le souhaitent (environ 11.000 prisonniers à ce jour , dont prés de 450  femmes et enfants ) . Il n'y a aucune limite et ils n'ont besoin d'apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique "terroriste".

Règle n°7 : Quand vous dites «Hezbollah» , il faut toujours rajouter l'expression «soutenu par la Syrie et l'Iran».

Règle n°8 : Quand vous dites «Israël» , il ne faut surtout pas rajouter après «soutenue par les Ètats-Unis , la France et l'Europe» car on pourrait croire qu'il s'agit d'un conflit déséquilibré.

Règle n°9 : Ne jamais parler «territoires occupés» ni de résolutions de l'ONU , ni de violations du droit international , ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l'auditeur de France Info.....etc.....

Règle n°10 : les israéliens parlent mieux le français que les Arabes. C'est ce qui explique qu'on leur donne, ainsi qu'à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole.

Ainsi , ils peuvent nous expliquer les règles précédentes ( de 1 à 9 ). Cela s'appelle de la neutralité journalistique.

 

Par Bernard Langlois

Fondateur de l'hebdomadaire Politis

vendredi 09 janvier 2009 14:54 , dans L'actu


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